Le nucléaire irakien.
Le raid israélien sur Osirak .
Qui a donné l'arme nucléaire à l'Irak ?
La France, puis l'Italie et enfin l'Allemagne, ont façonné depuis 1975 la puissance
nucléaire irakienne en lui donnant du matériel,du minrais ou du combustible,sans parler
de l'aide technique sur place .
Pourquoi une telle aide internationale à l'armement nucléaire
irakien ?
L'Irak a appâté les pays industriels en leur offrant "en prime" d'autres
marchés très profitables,en particulier,mais non exclusivement des marchés concernant
le secteur "armement conventionnel" :
- Les français ont pu vendre principalement des blindés .
- Les italiens ont pu vendre 11 navires de guerre...
- Les américains, malgré leurs réserves et admonestations ont vendu les
turbines à gaz des quatre frégates italiennes....
Le réacteur
Osirak:
Osirak : son histoire :
L'ambition nucléaire de l'Irak est ancienne,et on peut en dater l'origine à l'entrevue
de Jacques Chirac, alors Premier ministre, avec Saddam Hussein à Bagdad en septembre
1974.
Le but de l'entretien était l'achat d'un réacteur nucléaire à la France. Les
Irakiens ne disposaient alors que d'un petit réacteur de recherche de 5 MW thermiques
"théorique", mais de 2 MW "pratique" seulement .
L'Irak, qui semblait connaître quelques difficultés pour obtenir des Soviétiques le
modèle supérieur, s'est tout naturellement tourné vers la France, qui l'a reçu à bras
ouverts.
A l'époque, la concurrence était vive entre les Allemands, les Italiens, les
Canadiens et les Français, qui cherchaient tous à caser "leurs" réacteurs.
Ces marchands n'hésitaient pas, quand le besoin s'en faisait sentir, à vanter la
capacité de ces merveilleuses machines à fournir du plutonium,et pas n'importe lequel:
celui de qualité militaire, dont la seule destination est la fabrication de l'arme
nucléaire.
Dans le cas de l'Irak , pays riche en pétrole, cette ambition nucléaire ne peut que
surprendre,mais les affaires sont les afaires,et les Français se sont persuadés que les
Irakiens ne cherchaient contre toute logique qu'à développer un programme nucléaire
civil...
Lorsque Saddam Hussein vient à Paris en visite officielle, en septembre 1975 (ce
sera son unique voyage en Europe),on en profite pour l'emmener à Cadarache, afin de lui
présenter divers réacteurs de recherche.
Un accord franco-irakien est signé le 18 novembre 1975. Le modèle de réacteur choisi à
cette époque est de type graphite-gaz, filière qui a permis au général De Gaulle de
bâtir la force de frappe française.
Chirac accepte de fournir ce réacteur, d'une puissance de 1500 MW thermiques, mais
de façon tout à fait inattendue,le projet échoue: EDF venait entre-temps d'abandonner
cette filière au profit des réacteurs à eau sous pression, sous licence Westinghouse
(ce sont ces réacteurs qui composent aujourd'hui la quasi-totalité des centrales
nucléaires françaises) .
Dans ces conditions,se remettre à l'ancienne filière, pour contenter un seul client
n'aurait guère été rentable.
Toutefois, un an plus tard, le 26 août 1976, l'Irak signe un contrat de plus d'un
milliard de francs, portant sur la construction d'un réacteur de recherche de 70 MWth,
vingt fois moins puissant que celui auquel on avait renoncé.
Les Irakiens nomment le double réacteur d'Osirak Tammuz 1 et Tammuz 2, pour
célébrer le mois du calendrier arabe durant lequel le régime de Saddam. Hussein a pris
le pouvoir en juillet 1968.
Osirak : particularités techniques
Osirak, (en Irak) est la copie conforme du réacteur Osiris qui fonctionne encore
aujourd'hui au centre nucléaire de Saclay, dans l'Essonne.
Osirak , tout comme Osiris est constitué de deux réacteurs qui sont des piles
jumelles à eau légère, dites "piles piscine", et dont les coeurs baignent
dans l'eau d'une piscine au lieu d'être enfermés dans une cuve d'acier comme c'est le
cas pour les réacteurs d'EDF.
Le deuxième réacteur (Isis) n'est qu'une maquette, mais en vraie grandeur et
pleinement fonctionelle .
Elle est destiné à effectuer tous les essais neutroniques relatifs aux
configurations du coeur, de manière à réduire au minimum le temps d'immobilisation
d'Osiris à basse puissance.
Bref, Isis permet, tout comme au théâtre, de faire des répétitions avant la
générale. Pour cela, Isis contient la même charge qu'Osiris, mais sa puissance est
limitée à 0,8MW thermique.
Ces deux réacteurs fonctionnent à l'uranium enrichi à 93 % en uranium 235, le seul
isotope fissile, le seul également propice à la fabrication d'armes nucléaires.
Osirak utilisation "pratique" :
Osirak sert à l'étude du comportement, sous irradiation à très haut
flux de neutrons, des matériaux de structure de centrales nucléaires. Ce type de
réacteur s'inscrit donc tout à fait dans la logique de développement d'un programme
nucléaire civil.
Pour réaliser ce genre d'études, il est possible en ouvrant le toit du coeur du
réacteur d''introduire dans divers logements toutes sortes de matériaux .
Mais il est aussi possible d'y installer autre chose,en particulier une
"couverture" d'uranium naturel, celui que l'on raffine à partir des minerais,
mélange de beaucoup d'uranium 238 et d'un soupçon d'uranium. 235 (moins de 1 %), pour
obtenir.... du plutonium 239, avec lequel on fabrique la bombe A.
Comment fabriquer une "bombe"?
Principe
général :
Pour réaliser une bombe,il faut créer une réaction en chaine visant à détruire
le maximum de noyaux "instable à fin de libérer le maximum d'énergie .
Cette énergie doit se libérer en un temps très bref (principe de la bombe) ,sinon
il n'y a pas d'explosion,mais une combustion (principe du réacteur nucléaire civil)
.
A l'échelle chimique,ce serait comme si l'on compare l'énergie libérée par de
l'essence qui brule (énormémént d'énergie libérée,mais sur un temps long) ou des
vapeurs d'essence qui explosent : beaucoup moins d'énergie libérée,mais sur un temps
très bref .
Dans la pratique :
Dans la pratique les choses se passent ainsi :
- On installe des masses non critiques de substances radioactives à bonne
ditance les unes des autres .
- On les rassemble .
- La masse critique est atteinte dans un volume donné .
- A partir de ce moment les neutrons qui se libèrent spontanément vont
briser des atomes instables et libérer d'aventages de neutrons,et ainsi de suite .
Il est absolument nécéssaire de libérer plus de neutrons à chaque moment pour que
la réaction s'emballe .
Mais il est aussi nécéssaire d'en libérer "beaucoup plus",parce que bon
nombre d'entre eux vont ne servir "à rien" ( se perdre à l'extérieur ou
créer une transmutation) ,mais pas créer une fission .
Dans une bombe:
- la réaction doit être incontrolable : le maximum de neutrons doit créer
le maximum de fission et ainsi de suite .
- le rapprochement des masses sous critiques en masse critique,se fait via
des explosifs classiques qui propulsent les masses sous critques les unes sur les autres
avec un parfait et très délicat synchronisme .
Dans un réacteur civil :
- la réaction doit au contraire être controlable : il faut au contraire et
bien entendu pouvoir maitriser à tout moment le flux de neutrons mis en mouvement ,et
c'est là le rôle des "refroidisseurs" ( barre de graphite,eau lourde ....) .
- le rapprochement des masses sous critiques en masse critique se fait en
descendant mécaniquement des "barres" de matériaux fissiles dans le
"coeur" du réacteur .
Quels corps radioactifs employer ?
Deux corps particulièrement "instables" répondent aux critères :
l'Uranium et le Plutonium .
Il est donc possible de faire une bombe "A" soit avec de l'Uranium,soit avec du
Plutonium,et d'ailleurs les deux bombes d'Hiroshima et Nagasaki étaient l'une à
l'Uranium,et l'autre au Plutonium .
L'Uranium peut se trouver à l'état de minerai,tandis que le plutonium n'existe pas dans
la nature et exige d'avoir un réacteur nucléaire en fonctionement; le plutonium étant
si l'on veut une scorie théoriquement indésirable du fonctionnement de la centrale .
Il existe donc dès le départ deux filières totalement distinctes pour aboutir à la
bombe : la filière Uranium,et la filière plutonium .
Quelles sont les exigences pratiques ?
Il faut qu'il y ait dans un volume donné un nombre suffisant de matériaux
radioactifs .
Ceci implique que:
- le matériau choisi soit le plus concentré possible (plus il est
concentré et moins il occupe de place)
- le volume dans lequel il est offre le maximum de volume pour le minimum de
surface ,car les neutrons en périphéries ont bien évidement toujours tendance à se
perdre .
La première chose à faire,est d'obtenir une quantité de substance
radiocative équivalent à 120 % de la masse critique (parcequ'il y aura des pertes
d'usinage à hauteur de 20 % ...) .
Il faut une quantité minimale d'uranium 235 ou de plutonium 239; en effet, si l'on
veut garantir que la réaction en chaine va commencer et continuer,il faut garantir qu'il
y aura plus de neutrons émis secondairement que de neutrons envoyés .
Or tous les neutrons émis ne sont pas "efficaces" : certains vont se
perdre à l'extérieur,tandis que d'autres vont percuter un noyeau sans le briser .
Pour être sur que la réaction en chaine se maintienne,il faut donc avoir une masse
suffisante de matières fissiles pour obtenir un nombre suffisant de neutrons
"Productifs". Cette quantité, appelée "masse critique", varie
suivant le type et la pureté du matériau.
Il faut moins de plutonium 239 que d'uranium 235 pour faire une bombe, car la fission
du plutonium 239 produit un peu plus de neutrons que celle de l'uranium 235.
Pour faire une bombe, il suffirait de :
| |
uranium 235 |
plutonium 239 |
| Pur à 100 % |
15 kilos |
4,4 kilos |
| Pur à 80 % |
17 kilos |
5,6 kilos |
Ces chiffres sont cependant des minimum théoriques .
Il faut tenir compte des pertes d'usinage des charges qui représentent facillement
20 % de la masse .
La configuration spatiale du corps est très importante : si l'uranium 235
ou le plutonium 239 sont sous forme d'une plaque de métal, par exemple, la plupart des
neutrons se perdent de part et d'autre de la plaque.,tandis que si, au contraire, ils sont
compacts sous forme d'une sphère, les neutrons émis à chaque fission (sauf ceux émis
à la surface de la sphère qui eux étant "en périphérie ne peuvent que se perdre)
vont doubler ou tripler le nombre de fissions à chaque génération: c'est la réaction
en chaîne et l'explosion garantie.
In fine,nous obtenons des sphères de la taille d'un pamplemousse pour l'uranium et
de la taille d'une orange pour le plutonium.
Le principe de la bombe A consiste à rapprocher, au moment voulu, deux masses sous-
critiques qui étaient isolées l'une de l'autre,et alors c'est l'explosion garantie dans
les deux millionièmes de seconde qui suivent.
Choisir sa
bombe : à l'uranium ou au plutonium ?.
C'est le choix de départ :
- Si on a pas de réacteur en ordre de marche,on
obtient les 15 à 20 kgr d'uranium nécéssaire par la voie de l'enrichissement progrssif
cad soit la filtration,soit la centrifugation .
Ca met du temps,ça prend beaucoup de place,c'est long et complexe .
- Si on a un réacteur en ordre de marche,c'est
beaucoup plus facile :une partie de l'uranium 238 placé dans un réacteur va
se transformer en un élément qui n'existe jamais à l'état naturel,le plutonium 239
,lequel permet lui de fournir une bombe .
Osirak et la charge critique :
Besoins et
disponibilités :
En ce qui concerne Osirak, la charge de combustible nécessaire à son
fonctionnement est de 12,9 kg d'uranium pur (soit 2 kg 100 en dessous de la masse
critique,qui est de 15 kgr d'uranium 235 pur ) .
La France s'est engagée à livrer à l'Irak 80 kg de combustible , soit 6 charges.
Elle n'en livra finalement qu'une seule, à la mi-juin 1980,suite aux pressions multiples,
Etats-Unis et Israël principalement .
Il est cependant fort possible que la France en ait livré deux,car le réacteur
jumeau d'Osirak ( la maquette Isis), a démarré en mars 1987(soit 6 ans après le raid
israélien) ,ce qui prouve qu'il n'aurait pas été endommagé au moment du raid qui
a détruit Osirak en 1981, ou, autre possibilité, que des équipes probablement
françaises ont réparé les dégâts.
Reste le problème de la charge : pour fonctionner, ce réacteur a besoin d'une charge
identique à celle d'Osirak. Il n'y a donc que deux possibilités: ou la France a livré
en secret une deuxième charge,ou c'est la première charge initialement destinée à
Osirak qui a été introduite dans le coeur du réacteur jumeau en 1987.
Dans un cas comme dans l'autre, il est vraisemblable que des équipes françaises sont
allées sur place pour surveiller le démarrage. Une des clauses de l'accord secret passé
avec la France imposait en effet la présence et l'assistance des Français jusqu'en 1989.
Comment arriver à la charge critique ?
On a au départ de l'ordre de 12 kgr 900 d'uranium (vendu par la France) et il en
faut de l'ordre de 15 kgr .
Il va falloir trouver donc de l'ordre de 2 à 3 kgr (avec les pertes) .
Comment faire,puisque cette fois on ne peut plus acheter du combustible ?
On va l'obtenir au départ de minerais d'uranium que l'on peut acheter sans grosses
difficultés .
La difficulté sera d'enrichir ce minerais ...
Ce n'est pas que c'est "dangereux",mais c'est très difficile ...
Il faut d'abord trouver un vendeur :
- En janvier 1980, l'Irak signe un accord de coopération avec le Brésil
(dont 40 % des importations de pétrole viennent d'Irak), portant sur la fourniture de
minerais bruts d'uranium naturel.
- En mars 80, l'Irak signe un contrat avec le Portugal portant sur la
fourniture de "yellow cake", un concentré d'uranium naturel.
Début 80 également, l'Irak commande en Allemagne, de l' uranium naturel appauvri,
c'est-à-dire de l'uranium 238 presque à l'état pur, qui ne peut avoir que deux usages:
servir de lest pour un voilier (comme pour la quille du bateau de Tabarly), ou servir de
"couverture" dans le coeur d'un réacteur pour obtenir du plutonium militaire. .
Il faut ensuite enrichir ce minerai en isotope 235 :
Il y a pour celà deux possibilitésqui passent toutes deux par
l'étape "fluorure d'uranium" .
Une fois obtenu ce fluorure d'uranium, on peut procéder de deux façons
différentes :
- Soit par diffusion au travers de filtres successifs .
- Soit par centrifugation au moyen de centrifugeuses successives .
Les irakiens ont opté pour la centrifugeuse .
1° étape donc : il faut d'abord transformer l'uranium en gaz, à l'aide d'acide
fluorhydrique qui, combiné à l'uranium, donne de l'hexafluorure d'uranium.
Il faut ensuite soumettre ce gaz à une force centrifuge pour permettre aux atomes les
plus légers, ceux d'uranium 235, d'être récupérés au milieu de la centrifugeuse.
Il faut répéter cette opération des centaines de fois, avant d'aboutir au produit
final: de l'uranium enrichi.
Ce type d'installation requiert non seulement des milliers de centrifugeuses disposées en
cascades ,mais aussi du "petit matériel" :
- Aimants spéciaux :Ils sont indispensables pour équilibrer les
centrifugeuses tournant à 60 000 t/min.
- Aciers spéciaux : Ils sont indispensables pour forger les rotors des
centrifugeuses .
- Pompes à vide poussé : Indispensables pour extraire le fluorure d'uranium
enrichi .
- Aléseuses fraiseuses numériques : indispensables pour réaliser le divers
petit matériel des centrifugeuses : axes,couvercles,tubulures ...,
Les israéliens
tentent par tous les moyens de retarder les travaux :
Les services secrets israéliens tentent dès le départ de saboter le programme
nucléaire irakien,en utilisant toutes sortes de moyens allant de la destruction de
matériels à l'exécution des "cerveaux" .
Mais ils ne sont pas seuls sur le dossier : d'autres nations veillent aussi ,et pour des
raisons moins avouables :
- vendre plus cher du matériel vu les risques encourus (des risques qu'ils
ont eux même créés...),
- vendre une deuxième fois le même matériel (vu la destruction du
matériel précédent ...),
- vendre non pas du simple matériel de remplacement,mais toute une nouvelle
filière sous prétexte que le matériel détruit ne peut plus être remplacé car
n'étant plus actuellement construit ....
- vendre du matériel plus "prudent",en invoquant le fait que dans
le contrat il était question de nucléaire civil et non de nucléaire militaire .
Antérieurement la quesion ne se posait pas puisque le matériel existait,tandis que
maintenant la question se pose à nouveau puisque le matériel n'existe plus ...
Dans l'affaire,les serrvices secrets israéliens se taillent bien
évidement la part du lion :
- Le 6 avril 1979, c'est l'explosion du double coeur d'Osirak dans le hangar
n° 3 des Constructions navales et industrielles de la Méditerranée, à La
Seyne-sur-Mer, près de Toulon d'où les coeurs des réacteurs jumeaux devaient être
embarqués dans les 48 heures.
Tout le monde fut soupçonné ; le Mossad bien sur,mais aussi les français qui
s'efforçaient de faire accepter aux Irakiens un autre combustible que celui prévu
initialement,une filière plus "tranquille" ....
Il s'agissait du combustible nommé Caramel, qui ne contient que 7 % d'uranium 235 au
lieu de 93 %.
Le combustible nommé Caramel, ne contient que 7 % d'uranium 235 au lieu de 93 %,c'est
vrai,mais celà ne signifie pas que le Caramel aurait fait disparaître le risque de
prolifération comme les Français aimeraient à le faire croire avec la plus grande
hypocrisie. En effet, cette substitution ne comportait qu'un seul point positif: les
charges de combustible Caramel qui auraient été livrées aux Irakiens auraient, certes,
contenu environ dix fois moins d'uranium 235; mais rien n'aurait, en revanche, empêché
les Irakiens de disposer une "couverture" d'uranium naturel dans le coeur pour
produire du plutonium (la bombe aurait alors été au plutonium et non à l'uranium,mais
le résultat final aurait été le même : une bombe nucléaire ....
Le réacteur est détruit ou en tous les cas "salement amoché", et le
temps presse .Que faire ?
Pour bien faire,il faudrait en refaire un neuf .. mais les irakiens ne veulent pas
entendre parler d'un nouveau délai ... alors "on répare" ...
Six mois plus tard, les deux coeurs sont prêts à être embarqués, mais avec une
telle mauvaise qualité de "réparation" qu'ils n'auraient jamais été
autorisés à démarrer en France...
Les techniciens attestent du risque,mais Raymond Barre, alors Premier ministre, garantit
officiellement la marchandise pour 7 ans. et cela à l'étonnement général ; était-il
au courant que la garantie serait de tout façon sans effet, car le compte à rebours
d'une opération baptisée Babylone, qui devait détruire Osirak le 7 juin 1981, avait
déjà commencé ?
- Le 14 juin 1980 à l'Hôtel Méridien de Paris,le Dr Yahya el-Meshad,
physicien nucléaire égyptien travaillant pour les Irakiens est assassiné dans sa
chambre d'hôtel .
il venait justement vérifier, comme il était prévu dans les clauses du
contrat, le premier chargement de combustible d'Osirak à Saclay .
Le meurtre de fit une victime annexe,car la police française retrouve une
serviette tachée de fond de teint et finit par retrouver une prostituée qui nia être
allée dans la chambre de l'Egyptien, mais reconnu l'avoir abordé et suivi jusqu'à sa
porte. A ses dires, elle était juste restée un moment dans le couloir.
Quand la police voulut l'interroger à nouveau, un mois plus tard, ce fut trop tard:
la jeune femme avait été renversée et tuée par une voiture à
St-Germain-des-Prés...(on fait allusion à cette affaire dans le film "les
patriotes") .
- En août 80,se produit une vague d'attentats ; les bureaux de SNIA-Techint
et le domicile du directeur de la firme sont plastiqués ainsi que, le même jour, le
domicile d'un libraire de St-Germain-en-Laye. Il s'agissait en fait d'une erreur. La
personne visée était son homonyme, Jean-Jacques Graf, haut responsable de Technicatome,
directeur du projet Osirak.
Les techniciens reçoivent des lettres de menaces anonymes. D'où viennent
elles ; du Mossad ou des iraniens ?
L'avalanche d'attentats décourage un certain nombre de techniciens de retourner en Irak,
et il faudra toute la pugnacité de Technicatome, assortie de menaces de renvois, ou de
promesses de primes, pour les convaincre d'y travailler...
- Le 30 septembre 1980,au début de la guerre Iran-Irak, ,la centrale Osirak
est atteinte par l'une des roquettes lâchées par deux chasseurs bombardiers Phantom F4,
non immatriculés .
Les dégâts sont légers: le dôme du réacteur a un peu souffert, ainsi que le
système de refroidissement,mais les dommages sont réparables.
Comment éviter les contrôles internationaux ?
Les contrôles dépendent de l'AIEA qui dépend elle même de l'ONU .
Les inspections sont fréquentes et sérieuses,mais elles sont faites "pour ne
jamais rien trouver" ...
1° avant de se présenter, l'inspecteur "accepté" par le pays
"visité" doit prévenir le gouvernement du pays concerné plusieurs semaines à
l'avance et obtenir ensuite un visa ,ce qui peut prendre du temps ...
Or un réacteur de recherche peut être vidé de ses charges d'uranium clandestin en
quelques jours seulement....
2° même si l'inspecteur relève des bizarreries, comme des stocks d'uranium naturel
suspects, il n'a aucun pouvoir pour intervenir si ce stock ne figure pas sur la liste qui
lui a été remise et qui comporte les installations que le pays a bien voulu lui
signaler.
3° il faut ajouter à cela la difficulté pour un inspecteur de faire une conclusion
défavorable avec tout ce que cela pourrait entraîner comme conséquences pour les
relations à venir de son pays avec le pays en question.
Le Raid
Israélien du 7 juin 1981 :
Le réacteur Osirak a été détruit lors d'un bombardement baptisé opération Babylone
mené par Israël qui craignait que l'Irak n'accède à l'arme nucléaire par 8 F-16 et 6
F-15 avec 16 bombes d'une tonne le 7 juin 1981. Un français fut tué dans ce raid.
Pour les israéliens ,il n'était plus possible d'attendre : ils devaient à tout prix
bombarder Osirak avant qu'il ne divergeât, c'est-à dire que le coeur ne commençât à
fonctionner, ce qui était prévu pour septembre 81, sinon Israël eût contrevenu aux
règles internationales de l'Agence internationale pour l'énergie atomique (AIEA), qui
interdisent de bombarder des installations nucléaires. Osirak, en effet, pouvait être
considéré comme non nucléaire tant que son coeur ne contenait pas de combustible.
La décision de doter l'Irak de technologies nucléaires ayant été prise par le premier
ministre français de l'époque, Jacques Chirac, le réacteur est ironiquement surnommé
Ô Chirac par les Israéliens et une partie de la presse francophone.
La France a finalement décliné la demande de reconstruction du réacteur en 1984 après
avoir donné une aide technique initiale,et sans doute réparé le réacteur frère Isis .
En 1991, durant Tempête du désert, plusieurs raids massifs de F-117 et de F-111
détruisirent le complexe qui était l'un des plus fortifiés d'Irak.
Sources :
http://www.chez.com/atomicsarchives/bombe_irak.html
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