|
Le navire espion
américain : USS. Liberty .
08 Juin 1967 .
Résumé de l'affaire :
L'USS Liberty est en 1967 un des nombreux bateaux-espions de
la marine américaine.
Il est équipé d'un matériel de toute dernière technologie ,et possède de ce fait des
antennes tout particulièrement caractéristiques .
En ce mois de juin 67, l'USS Liberty reçoit l'ordre de naviguer dans les eaux proches des
pays les plus impliqués dans le conflit moyen-oriental,car une violente crise a éclaté
entre Israël et les pays arabes et il est certain que l'on se dirige droit vers un
conflit armé .
Les Américains, tant pour leur propre information que pour prévenir toute attaque
surprise contre leur allié israélien accordent un intérêt tout particulier à la
recherche du renseignement dans cette zone .
C'est dans le cadre de cette mission d'écoute que depuis quelques jours, l'USS Liberty
épie toutes les communications radios de la région ,et pour ce faire, il reste
prudemment dans les eaux internationales.
L'attaque surprise ne viendra pas des arabes mais bien de la part de l'état hébreu qui
lance une offensive éclair le 5 juin 1967 à la fois contre l'Égypte, la Syrie et la
Jordanie. Le premier jour, l'aviation israélienne réussit à détruire une grande partie
des forces aériennes arabes, s'assurant par-là, une maîtrise du ciel qui sera
primordiale pour le restant de l'offensive.
A bord de l'USS Liberty, le début de la guerre ne change pas les mentalités;on voit mal
l'aviation arabe attaquer des bateaux américains navigant, qui plus est, dans les eaux
internationales....
De plus, la présence à proximité des porte-avions de la VIème Flotte finissait de
rassurer l'équipage du Liberty.
Par acquis de conscience, il fut néanmoins décidé de placer un énorme drapeau
américain afin d'éviter toute méprise,car le Liberty était virtuellement désarmé et
totalement incapable de se défendre.
Le 8 juin, alors que ce qui sera plus tard appelé la "Guerre des six jours" bat
son plein, le Liberty se trouve en mer Méditerranée à proximité de la Péninsule du
Sinaï, théâtre à ce moment d'intenses combats entre l'armée israélienne et
égyptienne.
L'équipage remarque alors que des avions israéliens sont en train d'effectuer des
repérages photographiques visant directement leur navire. Le commandant ne s'en inquiète
guère, s'agissant d'avions israéliens, donc d'un pays allié des USA.
Ce n'est que quelques heures après que l'incroyable va se dérouler;trois vagues
successives d'appareils ,puis de navires israéliens vont attaquer le navire
américain.
A l'issue de l'attaque, on dénombrera 34 morts parmi les marins américains, tandis que
171 d'entre eux auront été blessés.
Le navire américain flottant mais sâlement touché se retirera de la zone sous la
protection de la marine soviétique !!!!
Curieusement, cette affaire sera assez vite occultée et la version rapportée au public
américain est celle d'une malheureuse confusion avec un bateau de guerre égyptien, d'une
attaque qui a duré 5 minutes au plus et d'une unique torpille tirée avant que, se
rendant compte de la bavure, les forces armées israéliennes ne cessent l'attaque.
Le gouvernement israélien se confondant en excuses, l'affaire fut enterrée.
L'affaire refait surface .
Cette affaire est sortie de l'oubli grâce à un livre publié par un membre de
l'équipage du Liberty, visiblement "non satisfait" de l'explication
officielle. Ce livre (Assault on the Liberty by James M.Ennes) dénonce les mensonges et
les oublis de la version officielle ainsi que l'apparente complicité du gouvernement
américain pour étouffer le scandale de cette meurtrière attaque.
Les points soulevés dans l'ouvrage sont les suivants :
a) Il y a eu reconnaissance préalble et approfondie du navire par une première vague
d'appareils israéliens des heures avant l'attaque proprement dite .
b) de part ses antennes très spéciales,il n'y avait aucune confusion possible entre ce
navire espion bien particulier et tout autre navire espion qu'il soit russe ou américain
.
c) il n'y avait aucune confusion possible concernant la nationalité du navire ; il
y avait un énorme drapeau US accroché au navire ,et en outre son nom barrait toute la
poupe .
d) la durée de l'attaque n'a pas été de quelques minutes ,mais de plus d'une heure
(exactement 75 minutes),plus qu'il n'en faut pour que les pilotes israéliens puissent se
rendre compte d'une méprise éventuelle .
e) ce jour là, la mer était calme et la visibilité excellente. Il était donc
impossible que les Israéliens n'aient pas clairement identifié le Liberty comme un
bateau ami.
f) a plusieurs reprises,tant sur le Liberty,qu'à terre à l'ambassade américaine de
Beyrouth ,des messages entre les avions et leur base ont clairement fait état de la
nationalité américaine du bateau,à la fois lors de la phase d'identification du bateau
et lors de la phase d'attaque du bateau .
Lancien ambassadeur américain à Beyrouth : Dwigh Porter a révélé cette
interception des communications radio en 1991.
LUSS. Liberty
Le navire découte électronique américain USS Liberty (AGTR-5) était un navire
espion de 10400 tonnes et 137 m de long commandé par le capitaine William Loren
McGonagle.
Cest un ancien cargo transformé en 1964 pour assurer sa nouvelle fonction,et qui
arbore donc de nombreuses antennes spécialisées dont une imposante antenne elliptique
ultra moderne de 16 pieds équipement que ne possédait alors aucun autre bateau au monde
excepté son frère jumeau le Belmont.
Ce navire de guerre déjà très facilement identifiable ainsi, ne dispose en outre
d'aucun armement visible (il ny avait que quatre mitrailleuses de 12.7) ,tandis
qu'à linverse des marques distinctives de lU.S. Navy, comprenant une
immatriculation flambant neuve de 10 pieds, et le nom Liberty barre son panneau arrière.

La dernière mission :
Le 24 mai 1967, il reçut lordre dappareiller de sa base Norfolk, en Virginie,
pour rallier le port espagnol de La Rota.
Il y parvint le premier juin et reparti le lendemain prendre sa position de veille en
Méditerranée orientale, au sud de la Crète, à une distance assez importante des
combats.
Du moins, cest ce que réclamait la NSA, maîtresse du bateau qui faisait confiance
à ses instruments ultraperfectionnés pour intercepter les communications des
belligérants. LOffice of Naval Intelligence, désireux quant à lui de renforcer sa
crédibilité battue en brèche depuis plusieurs décennies, souhaitait au contraire lui
faire longer les côtes pour tenter de recueillir des informations sur les armements
utilisés par les belligérants, et dont certains équipent les Nord-Vietnamiens engagés
alors contre les troupes US.
Ces volontés contradictoires lui font régulièrement changer de route. "Le 7 juin,
il reçoit lordre de se rendre, sans escorte, vers un point situé à lest
dEl-Arish, non loin de Gaza, puis de bifurquer plein ouest vers Alexandrie, afin de
longer le Sinaï à une vingtaine de kilomètres du littoral. Il est sur zone le lendemain
matin. Mais pendant quil mettait le cap vers Gaza, le Liberty a fait lobjet
dune tentative dinterception, de nuit, par une patrouille de Mirage III
israéliens. Confronté à un important brouillage électromagnétique émanant du navire
américain, les deux pilotes israéliens ne peuvent accomplir leur mission et rentrent à
leur base."
Déroulement de lattaque :
L'attaque aérienne :
Le ciel est clair, les conditions dobservation sont optimales .
Par deux fois les oreilles électroniques du navire ont intercepté les rapports des
pilotes israéliens indiquant la nationalité du bâtiment.
Le drapeau règlementaire, la bannière étoilée, le fameux Stars and Stripes est
clairement visible.
Alors que le navire est à une douzaine de milles au large dEl-Arish, les mirages
III du 101 escadron mitraillent le pont.
ils sont très vite rejoints par deux Super Mystère.
les canons de 30mm neutralisent les mitrailleuses de proue au premier passage puis, la
structure est attaquée à coup de roquettes et de bombes au napalm.
Dès le début de lengagement, le capitaine essaye de contacter les assaillants,
sans succès ; les antennes sont détruites, et 4 des 5 fréquences radio du bateau,
y compris la fréquence de détresse internationale étaient brouillées. Seul un appel à
laide pu être envoyé à la sixieme flotte qui croisait à 400 mille au large de la
Crète. Malgré la violence de lattaque, le navire continue davancer.
L'attaque navale :
A 14h30, cest la marine qui prend le relai et trois vedettes lance-torpilles
engagent immédiatement le combat larguant cinq de leurs six torpilles. La dernière
dentre elle touche le Liberty par tribord et limmobilise.
Ensuite,pendant plus dune demi-heure, les vedettes tournent autour de leur proie et
larrosent de leur mitrailleuses.
L'attaque cesse aussi brutalement qu'elle a commencé,et lun des bateau israélien
prend contact avec le navire en détresse pour lui demander sil avait besoin
dassistance. Un hélicoptère Super Frelon transportant des commandos israéliens
aurait tenté dapponter sur le liberty, sans succès.
Il semblerait que 9 mn après le début de lassaut, un message a été reçu par le
port-avion USS Saratoga qui aurait fait décoller une escadrille de chasseurs, mais ils
furent contraints, sur ordre, à rebrousser chemin.
Le mémorandum de la CIA du 13 juin 1967 ne parle de décollage des avions
quà 15h50, à la fin de lattaque qui auraient été rappelés à 16h04 .
Un autre vol partit de lUSS America et fut lui aussi rappelé. Le premier rappel
serait dû à lincertitude sur lidentité des assaillants. Deux navires
soviétiques navigant dans ces eaux, le commandement US ne voulait pas prendre le risque
dun conflit contre lURSS. La seconde fois, les appareils auraient été
rappelés après avoir reçu les explications des Israéliens. "Cest
lofficier de marine David E. Lewis qui raconte que cest lamiral Geis
(chef de laviation embarquée de la VIème flotte) qui lui a dit en personne
quil avait, à deux reprises, reçu lordre de rappel directement du
secrétaire détat à la défense de lépoque Mc Namara. Lorsque lamiral
Geis demanda une troisième fois confirmation, suite aux appels de détresse répétés du
Liberty, il sentendit confirmer quil sagissait de lordre direct du
président Lyndon Johnson". Deux hélicoptères étaient présent à la fin de
lattaque et les isréliens offrirent leur assistance qui fut refusée en raison de
la nature des opérations menées par le navire. Ce fut donc sous la protection des
destroyers soviétiques que le bateau fit route au nord vers la sixième flotte et trouva
des secours au bout de seize heures. Les "anges gardiens" se sont bien gardé
dapprocher du navire en difficulté mais avait convenu par radio de venir secourir
les marins si le vaisseau coulait. Les pertes humaines se sont élevées à 34 morts et
171 blessés. Le navire regagna son port dattache et fut réduit en ferraille.
Les suites :
Le gouvernement israélien a toujours refusé de reconnaître sa responsabilité dans
lattaque et parle derreur didentification,ce qui ne la pas
empêché dexprimer ses regrets au familles des victimes et de les indemniser à
auteur de 7 millions de dollars.
Les enquêtes se suivent :
Une commission denquête a été crée par les deux pays sur lévénement et
elles ont rendu, après un peu plus dun mois de travail des conclusions étrangement
similaires sur la forme.
Sur le fond, les deux confirment la thèse de la méprise.
1° thèse : le Skory .
Le gouvernement Israélien affirme que les chasseurs croyaient avoir à faire à un
destroyer égyptien de type Skory,or il est impossible de confondre le Liberty,
ancien cargo, sans arme apparente, à un destroyer au tourelles de canon bien visibles.
2°thèse : le El Quseir .
Nouvelle version israélienne,cette fois,c'est le "El Quseir" un vieux cargo
égyptien .
Pas de chance, celui-ci "na que 40% de la taille du Liberty (4000 tonnes contre
10.400 tonnes),et il s'agit en outre d' un vieux cargo rouillé de transport de chevaux ,
qui ressemble autant au Liberty bardé d'antennes spéciales qu une vielle
volkswagen rouillée comparée à une cadillac flambant veuve." .
El Qseir
Liberty
Tentative danalyse
Si on convient quil sagit dune attaque délibérée alors, la raison est
claire, le Liberty gênait les israélien. On sait quils étaient en pleine guerre
des six jours (commencée le 5 juin rappelons le) et quils sapprêtaient à
lancer un assaut contre le Golan où sont retranchées les forces syriennes. Leur plan
dattaque était dannihiler les efforts des nations unies pour arrêter la
guerre, un cesser le feu ayant été programmé pour le 9 juin. Or les moyens
dinterception du Liberty pouvaient le dévoiler. Crainte renforcée par le fait que
les États-Unis faisaient pressions sur lÉtat hébreu pour le contraindre à
accepter un cessez-le-feu qui permettrait aux nation arabes de sauver la face. Washington
craignait que, frustrés et humiliés, les pays arabes ne se jettent dans les bras des
soviétiques.
Par cette attaque, non seulement, les israéliens empêchaient le dévoilement de leur
plan mais sassuraient ainsi de la victoire et donnaient un message clair à la
Maison-Blanche ; nous ne sommes pas vos larbins. Nous avons notre propre politique
étrangère.
Reste à savoir qui avait assez dautorité et de volonté pour ordonner une telle
attaque. Nous suivrons Pierre Razoux en affirmant quil est inconcevable que "le
Premier ministre Levi Eshkol, homme politique modéré peu favorable au recours à la
force, initialement opposé à lidée dune attaque préventive et favorable
aux thèses américaines, ait pu donner cet ordre. Si la motivation du raid contre le
Liberty était de masquer les préparatifs dun assaut israélien dans le Golan, on
imagine mal Moshé Dayan prendre cette décision, alors quil était notoirement
opposé à une action contre la Syrie. Si par contre, la raison de cette attaque était
denvoyer un avertissement aux Américains, il nest pas impossible que le
général israélien ait avalisé cette opération, dautant plus quil se
présentait comme un fervent défenseur dune alliance militaire équilibrée avec
les Etats-Unis, fondée sur un pied dégalité. Un fait est certain, aucun autre
ministre du cabinet restreint navait alors lautorité suffisante pour
sengager dans une voie aussi hasardeuse.
Reste alors Meir Amit, le directeur du Mossad, ou encore certains généraux de
létat-major appartenant au clan des « faucons » : Ezer Weizman,
ancien commandant des forces aériennes et conseiller spécial de
létat-major ; Aharon Yaariv, chef des renseignements militaires ; Rehavam
Zeevi, chef des opérations, mais aussi Mordéchaï Hod et Shlomo Erel, respectivement
commandants des forces aériennes et navales. Quant au général Yitzhak Rabin, alors chef
de létat-major général, tout semble militer pour sa responsabilité : ses
fonctions, son autorité, sa présence au sein de létat-major général pendant la
matinée cruciale du 8 juin." (Op.Cit)
Témoignage
dun rescapé
Traduction de larticle The Israeli attack on the USS Liberty. Mistake, or stab in
the back ? The truth about Americas ally publié le 4 juillet 2002
dans lédition électronique du quotidien russe La Pravda (pravda.ru). http://english.pravda.ru/politics/2002/07/04/31794.html
Traduit de langlais par Marcel Charbonnier
Le 8 juin 1967, 34 marins militaires américains servant sur lUSS Liberty perdirent
la vie au service de leur pays. Ces Américains furent tués lorsquIsraël, pays
« allié » des États-Unis, lança une attaque meurtrière contre le navire de
reconnaissance américain, virtuellement désarmé. Jusquà ce jour, la plupart des
Américains ignorent jusquà lexistence de cette attaque. Récemment,
Pravda.ru a eu loccasion dinterviewer M. Hrankowski, lun des
membres survivants de léquipage de lUSS Liberty.
Quel était votre poste, sur lUSS
Liberty ?
Jétais dans le service dingénierie. Jétais chauffeur. Jai servi
également en tant quingénieur en chef chargé du journal de bord.
Lune des principales interrogations
concernant cette attaque est celle de savoir si les attaquants israéliens savaient
quils étaient en train de bombarder un bâtiment américain. Les Israéliens ont
prétendu quils avaient pris le Liberty pour un cargo égyptien transportant des
chevaux, lEl-Quseir. Mais on a su par la suite que lUSS Liberty arborait le
drapeau américain et des insignes américains très visibles. On sait également que des
avions de reconnaissance ont survolé, à plusieurs reprises, à très basse altitude et
à vitesse réduite, lUSS Liberty. Soupçonnez-vous les militaires israéliens
davoir attaqué sciemment un navire américain ?
Cela
ne fait pour moi aucun doute : lattaque israélienne contre lUSS Liberty
était délibérée. Israël a prétendu quil sagissait dune méprise et
quils pensaient tirer sur un cargo égyptien chargé de chevaux. El-Quseir, tel
était le nom de ce bateau égyptien. Il était en cale et ne naviguait pas durant la
guerre des six jours, et les Israéliens le savaient pertinemment...
En ce qui concerne notre drapeau, tous les navires américains arborent le « Stars
and Stripes ». Notre drapeau flottait jusquà ce que les Israéliens ne le
visent et ne le détruisent. En quelques secondes, seulement, nous parvînmes à le
remplacer, au moyen de notre Enseigne utilisée pour les jours de congés, laquelle
mesurait 9x13 pieds.
Au sujet des avions à vitesse réduite, maintenant, je dirai que des avions ont commencé
à nous survoler et à nous contrôler à 5 h 30 du matin, et quils le firent de
neuf à treize reprises jusquà environ 14 heures. Cela ne fait pour moi aucun
doute : ils savaient qui ils attaquaient.
Il y a eu des indications selon lesquelles
lUSS Saratoga, répondant à un S.O.S. du Liberty, a fait décoller des avions afin
daller aider le Liberty, un quart dheure environ après le début de
lattaque israélienne. Pourquoi ces avions ont-ils reçu lordre de faire
demi-tour ? Nest-il pas loisible de considérer que cet ordre a permis que des
marins américains soient assassinés par une force ennemie ?
Un message émis par lUSS Liberty a été capté par lUSS Saratoga, neuf
minutes après le début de lattaque israélienne. LUSS Saratoga a fait
décoller immédiatement une escadrille de chasseurs, mais ils furent contraints, sur
ordre, à rebrousser chemin. Cela sest répété à trois reprises au cours de la
durée de lattaque israélienne. Robert McNamara a intimé lordre aux avions
de chasse américains de rebrousser chemin, puis, la troisième fois, le président
Johnson sest chargé lui-même de donner cet ordre, disant que « ses pensées
nallaient pas vers le USS Liberty ». Il « ne voulait pas embarrasser son
allié israélien ». Ces ordres nous ont livrés au couteau du bourreau israélien.
Cest littéralement ce que lon appelle un délit de fuite.
Votre capitaine dalors, William Loren
McGonagle, se rendit compte que lUSS Liberty menaçait de couler. Il a ordonné à
léquipage dabandonner le navire. A ce moment-là, il ny avait plus que
trois canots de sauvetage intacts. Votre équipage y a disposé le plus grand nombre
possible de blessés, puis ils ont mis ces trois canots à la mer, à côté du Liberty.
Pouvez-vous nous dire ce qui sest passé ensuite ?
En effet, le capitaine a estimé quil y avait danger que le bâtiment fasse fond, et
il nous a donné lordre dabandonner le navire. Trois canots de sauvetages
rescapés avaient été mis à la mer, mais des bateaux torpilleurs israéliens ont
approché et mitraillé deux des canots de sauvetage, et aborda le troisième. En
contravention totale des Conventions de Genève.
Quest-ce qui a amené les Israéliens à
mettre un terme à leur agression ?
Je
ne sais pas exactement. Mais, après deux heures de tentatives acharnées, ils
navaient toujours pas réussi à nous envoyer par le fond. Je pense que le délai
qui leur était imparti était écoulé.
Combien de temps a-t-il fallu aux secours
américains pour arriver sur les lieux de lattaque israélienne ?
Il a fallu seize heures à la flotte américaine pour parvenir jusquà nous. Mais
cette nuit-là, tandis que nous faisions route vers la sixième flotte (flotte américaine
en Méditerranée, N.D.T.), un vaisseau soviétique nous a offert du secours. Ils nous ont
dit quils resteraient juste sur la ligne dhorizon et quils viendraient
nous secourir si notre vaisseau coulait.
Dans un courrier récent adressé au
président Bush, le survivant Philipp F. Tourney avançait que léquipage de
lUSS Liberty avait « reçu lordre de se taire, sous peine de cour
martiale, demprisonnement, voire pire. Nous savons tous parfaitement ce que ce
« pire » signifie ». Avez-vous fait personnellement lobjet de
menaces de cette nature ?
LAmiral Kidd est le gradé qui nous a ordonné de la fermer. Cétait un ordre
direct, de sa bouche, à lensemble de léquipage. Je lai entendu, ce
jour-là, comme les autres, de mes propres oreilles.
Si ce que lon a pu avancer est vrai,
lattaque israélienne contre lUSS Liberty ne peut être qualifiée que de
délibérée. Daprès vous, pourquoi cette attaque ?
Pour
ce qui est des mobiles des Israéliens, je nai pas de certitude. Je ne voudrais pas
vous donner une raison particulière, car cela ne pourrait être quune hypothèse.
Un nouveau documentaire sur la question a été produit par la BBC, « La mort dans
leau ». Ce documentaire a été rendu public en Angleterre le 10 huin 2002. Il
donne de nouvelles preuves stupéfiantes des raisons pour lesquelles cette attaque a eu
lieu.
Le gouvernement américain a-t-il envisagé
une nouvelle enquête au sujet de lattaque ?
Quelques
membres du Congrès ont manifesté le désir de nous aider. Nous espérons quils en
ont la ferme intention.
Tout laisse entendre que lévénement a été volontairement étouffé.
Étant donné la masse dinformations à son sujet et limportance des
témoignages de personnalités tels le Secrétaire dÉtat Dean Rusk et lancien
Secrétaire du JCS, lAmiral Thomas Moorer, la version selon laquelle cette attaque
serait due à une méprise est très difficile à avaler. Ceci signifie quil y a eu
une volonté détouffer cette affaire, pour une raison ou une autre.
Pourquoi,
selon vous, un événement aussi tragique que celui que vous avez vécu, lattaque
contre des marins américains, a-t-il été occulté ?
Vous
me demandez si on a voulu étouffer lattaque contre lUSS Liberty. Ma réponse
est claire et nette : oui. La question de savoir « pourquoi ? »
reste pendante encore aujourdhui. Avec une enquête sénatoriale, tous les faits
devraient être exposés au public, et les raisons connues.
Votre commandant, le capitaine William
Loren McGonagle, sest vu décerner la Médaille dHonneur du Congrès des
États-Unis pour les services rendus à son pays. Toutefois, en dérogeant à la tradition
généralement suivie lorsque le président des États-Unis remet la Médaille
dHonneur du Congrès, le capitaine McGonagle a reçu cette distinction dans le
palais de la Marine, à Washington (et non à la Maison Blanche, N.D.T.). Pourquoi,
daprès vous, votre capitaine na-t-il pas eu droit aux égards fixés par la
tradition en la matière ?
Notre
capitaine a reçu la Médaille dHonneur du Congrès, mais non à la Maison Blanche,
comme vous lindiquez avec justesse, mais dans un chantier naval de Washington. Nous
sommes fort peu nombreux, parmi les membres de léquipage, à savoir quil a eu
cette décoration, bien des années après quelle lui eût été décernée... Dans
le texte de sa citation militaire, aucune allusion nest faite au fait que les
attaquants étaient les Israéliens ! Il en va de même pour toutes les décorations
et citations que nous avons reçues : les Israéliens ne sont jamais mentionnés. Pas
une seule fois !
Daprès
vous, si le public américain devait prendre totale conscience que cest Israël qui
a attaqué le Liberty, pensez-vous que cela serait de nature à affecter les relations
« spéciales » que lAmérique entretient avec son « allié »
israélien ? Par exemple, si de nombreux Américains apprenaient la nature de
lattaque et la manière dont on a voulu létouffer, ne pourraient-ils pas se
montrer moins enclin à inonder Israël de subsides financiers et militaires ?
Je
nen suis pas persuadé. Je pense que si la vérité finissait par être connue, au
sujet de cette attaque de notre navire, cela ferait mal, quelque temps. Mais cela finirait
dans les annales de lhistoire. Au placard.
Êtes-vous en contact avec dautres
survivants de léquipage du Liberty ? Si oui, ont-ils espoir que les
États-Unis décideront un jour denquêter à nouveau sur lattaque ?
Nous
autres, survivants du Liberty, conservons toujours des liens entre nous. Nous nous battons
tous pour le même objectif. Nous voulons quune enquête soit ouverte, rapidement,
afin de pouvoir enfin mener une vie normale.
Monsieur Hrankowski peut être contacté à ladresse suivante : John Hrankowski
45 Drumcliff Way Rochester, New York 14612 USA http://www.ussliberty.com Tél : 1 585
225 0385
http://www.les-identitaires.com/Devenir14/Uss_liberty.htm
http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=260
http://www.ussliberty.org/
http://www.ussliberty.org/chapter6.htm
http://www.lewrockwell.com/orig/margolis12.html
http://www.nsa.gov/liberty/index.cfm
http://www.confidentiel.net/article.php3?id_article=260
http://www.ism-france.org/news/article.php?id=3501&type=analyse&lesujet=Histoire
http://www.whatreallyhappened.com/ussliberty.html
http://home.cfl.rr.com/gidusko/liberty/
http://www.rense.com/general39/pilot.htm
http://www.independent-media.tv/gtheme.cfm?ftheme_id=18
http://www.adl.org/Israel/uss.asp
http://pnews.org/art/ussliberty.shtml
|
|